Caroline Lopez
Caroline Lopez
Artiste – Dessin Aquarelle Peinture.
"Asseyons-nous un instant" avec Caroline Lopez
Architecte d'intérieur, métier qu'elle a exercé pendant plus de vingt ans, l'artiste nourrit depuis toujours une passion profonde pour le dessin, les lignes et les jeux de perspectives. La matrice de son regard professionnel s'est formée dans l'attention portée aux espaces, aux équilibres et à la manière dont les présences habitent un lieu.
À la suite d'un bouleversement intime qui redéfinit profondément son existence, son parcours connaît une forme de transmutation. Elle quitte l'exercice de son métier initial, pour engager un chemin de dessin où se rejoue, autrement, ce qui fonde son regard.
Pendant dix années, elle déconstruit Paris dans le dessin, en y fragmentant son architecture, en isolant les lignes, en déplaçant les repères.
Puis vient la mer, les falaises d'Étretat, dans une écriture radicalement épurée : l'aquarelle y efface presque tout, ne gardant que l'essentiel, une respiration, une trace, une lumière.
Après un passage par la gravure, un autre basculement s'opère avec cette série des chaises du Jardin du Luxembourg. Elles rassemblent en un seul geste ce qui traversait jusque-là son travail : la déconstruction, le dépouillement, la simplification. Ici, le trait devient central, presque souverain, comme si tout convergeait vers une économie du signe.
Plus encore, son travail s'ouvre profondément à l'échange. Elle entre en dialogue avec ceux qui regardent ses œuvres, attentive à leurs projections, à leurs récits, à ce qu'ils viennent y déposer. Certains souhaitent y faire apparaître des proches, d'autres s'y projeter eux-mêmes. L'image devient alors un espace partagé, habité par cette circulation entre le geste de l'artiste et le regard du spectateur.
La chaise vide s'impose ainsi naturellement. Non comme un manque, mais comme un espace ouvert. Elle résonne aussi avec la « chaise vide » de la pensée psychanalytique : un lieu adressé à l'absent, à la parole intérieure, à ce qui demeure présent autrement. Chacun peut s'y glisser, y déposer une mémoire, un silence, une présence invisible.
Les chaises du Luxembourg portent cette mémoire du temps long. Elles accueillent les passages, les pauses, les attentes, les conversations, et semblent devoir rester tandis que les vies passent.
Dans leurs assemblages, leurs orientations, les ombres qu'elles tracent au sol, elles composent des rapprochements silencieux, des liens sans mots.
Là où ses premiers dessins ouvraient le monde par la déconstruction, cette série ouvre un mouvement plus intérieur : une invitation à se projeter dans ce qui ne se dit pas, dans ce qui demeure en soi, discret, enfoui, mais vivant.
Dr Olivier de Palézieux, Psychothérapeute
Contact
imaginerzepol.fr
Instagram : @imaginerzepol
Représentée par : Galerie Le 33 mai
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